Arthur
Big Boy Crudup, Alexi Corner, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan,
Albert King, John Lee Hooker, BB King... en passant par Miles
Davis jusqu'à Jeff Beck et Eric Clapton...
Une
soirée musicale chargée d'émotions avec en prime une explication pour chaque époque
et une présentation des interprètes de chacune d'elles. Une légende bien vivante
de ces 100 ans de Blues issue de la passion pour cette Musique qui coule depuis
toujours dans les veines de Michel
Fraisse et Bertrand Cheyrou. C'est
ainsi que Les
Faceties du Blues virent le jour en toute humilité. Quand on connait le
talent de ces deux artistes, le résultat est énorme ! Un spectacle à découvrir
sans plus attendre pour les amateurs de Blues mais aussi pour celles et ceux qui
voudraient rencontrer l'Âme du Blues et la griffe de chacun des musiciens qui
ont aimé et joué cette musique légendairement appelée musique du Diable, contrairement
au Gospel que l'on n'entendait pas dans les bars ou dans les rues mais dans les
églises... Pour avoir écouter cinq des morceaux de cette épopée Blues, de Robert
Johnson à Jimi Hendrix, j'ai pu apprécier la qualité des arrangements et de l'interprétation
de Michel et Bertrand. Quand Michel met des intonations Black sur des paroles
orginales afro américaines tout en gardant un petit accent gascon, preuve qu'il
ne s'agit pas de copies mais de reprises... et que de sa guitare s'envolent des
phrasés mêlant savamment la musique Blues au Jazz, Bertrand pose des lignes de
basse tout en planquant des accords d'orgue jusqu'allant à en faire des chorus
aux couleurs de l'époque. Tout y est sans rajout, sans oubli et avec tellement
de respect dès le premier morceau et pas des moindres : Sweet
Home Chicago de Robert
Johnson. Enchainant par un autre morceau du grand Mister Johnson,
un incontournable comme CROSSROAD,
la voix de Michel se fait plus forte pour déclarer qu'il est allé à la croisée
des chemins, qu'l y est tombé à genoux pour demander au Seigneur d’avoir pitié
de lui et de bien vouloir le sauver. Le martellement du piano de Bertrand pousse
ce Blues jusqu'à une version presque Rock où Michel réussit avec brio à placer
dans son jeu de guitare un open-tuning digne de son créateur de la main
droite et un bottleneck habile de la main gauche. Le "Bob" des paroles
serait-il devenu tout à coup Mich' ? Le 3ème morceau que j'ai écouté
n'est autre que Sittin' On The Doc of the Boy d'Otis Redding, son
chef-d'oeuvre posthume. Impressionnant quand on sait que tout tournait autour
du Blues de sa voix. Un zest de Soul dans celle de Michel, sa guitare acoustique
colorée d'un son pur et clair accompagnée de quelques percussions avec en guise
de final quelques riffs de kazou. La magie opère encore une fois... Le 4ème
est encore signé par un Bluesman Noir, probablement le préféré d'Elvis Presley,
je veux parler d'Arthur "Big Boy" Crudup auquel le King empruntera en juillet
1954 "That's allright Mama" pour l'enregistrer. Un jeune blanc qui a le
son, le rythme et le feeling Black en lui arrive sur les ondes. 4 ème morceau
et 4 ème performance du duo Michel / Bertrand. Car eux deux, tout comme Elvis
et son band de l'époque, sont blancs de peau mais Blues et maintenant Rock'n
Roll de sang. Scotty Moore et ses plans ultra rapides sont dans les doigts
de Michel et la contrebasse déliée de Bill Black sort tout droit du clavier
de Bertrand. Ultime morceau écouté LE Red House de Jimi Hendrix.
Nous voilà au début de années 70, au temps du Blues des Guitar Heroes dont Jimi
est très certainement le meilleur, lui l'afro cherokee de Seattle, le Voodoo
Child aux plusieurs prénoms malgré lui : Johnny Allen Hendrix puis James Marshall
Hendrix surnommé Jimmy Hendrix avant de choisir Jimi. Pour avoir entendu
et vu une version plutôt fidèle aux années 1966-67 de Jimi hendrix par Michel
Fraisse (et son groupe Bâton Rouge) avec à la guitare et au chant Francis
Cabrel en personne lors de l'enregistrement d'une émission Fréquenstar
sur M6 dans les murs de l'Eldorado d'Agen (de bien belles retrouvailles
de gascons jouant du Blues), celle proposée par Michel et Bertand avec de nouveaux
arrangements est un beau clin d'oeil à l'auteur compositeur de ce titre. Donner
un air de Swing et des couleurs de Jazz à Red House, voilà comment Michel
qui se souvient de ses études à l'Institut de Jazz des Musiciens Professionnels
nous annonce mélodiquement que Jimi en 1970 avec The Cry of Love Band
cherche de nouvelles expériences musicales et se rapproche du jazz en jouant avec
ses anciens potes Billy Cox à la basse et Buddy Miles à la batterie. A
partir de 1980, le Blues Texan de Stevie RAY Vaughan (qui laissera une immense
empreinte lui aussi) vient nous surprendre avec le respect des grands comme Albert
King, John Lee Hooker et BB King aujourd'hui seul survivant de cette époque. Pour
terminer ce siècle de Blues, Miles Davis viendra apporter sa touche de Jazz (All
Blues) pendant que des Jeff Beck et autres Eric Clapton déclineront les gammes
Blues sous toutes ses formes. Un
duo guitare-chant Fraisse et basse / orgue Hammond / batterie Cheyrou, digne
des jazz men jouant du Blues, ou l'inverse, c'est "peut-être" cela Les Facéties
du Blues... *
Michel Fraisse : guitares (acoustique, électrique) et chant. * Bertrand Cheyrou
: claviers (synthés, orgue, piano, bass, drums) et chant. ©
Jean Luc Marijon, D'Une
Note à l'Autre pour Manytoo Blues |