Une
soirée musicale chargée d'émotions avec en prime une explication
pour chaque époque et une présentation des interprètes de chacune
d'elles. Une légende bien vivante de ces 100 ans de Blues issue
de la passion pour cette Musique qui coule depuis toujours dans
les veines de Michel
Fraisse et Bertrand Cheyrou.
C'est
ainsi que Les
Faceties du Blues virent le jour en toute humilité. Quand
on connait le talent de ces deux artistes, le résultat est énorme
! Un spectacle à découvrir sans plus attendre pour les amateurs
de Blues mais aussi pour celles et ceux qui voudraient rencontrer
l'Âme du Blues et la griffe de chacun des musiciens qui ont aimé
et joué cette musique légendairement appelée musique du Diable,
contrairement au Gospel que l'on n'entendait pas dans les bars ou
dans les rues mais dans les églises...
Pour avoir écouter cinq des morceaux de cette épopée Blues, de Robert
Johnson à Jimi Hendrix, j'ai pu apprécier la qualité des arrangements
et de l'interprétation de Michel et Bertrand. Quand Michel met des
intonations Black sur des paroles orginales afro américaines tout
en gardant un petit accent gascon, preuve qu'il ne s'agit pas de
copies mais de reprises... et que de sa guitare s'envolent des phrasés
mêlant savamment la musique Blues au Jazz, Bertrand pose des lignes
de basse tout en planquant des accords d'orgue jusqu'allant à en
faire des chorus aux couleurs de l'époque. Tout y est sans rajout,
sans oubli et avec tellement de respect dès le premier morceau et
pas des moindres : Sweet
Home Chicago de Robert
Johnson.
Enchainant par un autre morceau du grand Mister Johnson,
un incontournable comme CROSSROAD,
la voix de Michel se fait plus forte pour déclarer qu'il est allé
à la croisée des chemins, qu'l y est tombé à genoux pour demander
au Seigneur d’avoir pitié de lui et de bien vouloir le sauver. Le
martellement du piano de Bertrand pousse ce Blues jusqu'à une version
presque Rock où Michel réussit avec brio à placer dans son jeu de
guitare un open-tuning digne de son créateur de la main droite
et un bottleneck habile de la main gauche. Le "Bob"
des paroles serait-il devenu tout à coup Mich' ?
Le 3ème morceau que j'ai écouté n'est autre que Sittin' On The
Doc of the Boy d'Otis Redding, son chef-d'oeuvre posthume.
Impressionnant quand on sait que tout tournait autour du Blues de
sa voix. Un zest de Soul dans celle de Michel, sa guitare acoustique
colorée d'un son pur et clair accompagnée de quelques percussions
avec en guise de final quelques riffs de kazou. La magie opère encore
une fois...
Le 4ème est encore signé par un Bluesman Noir, probablement le préféré
d'Elvis Presley, je veux parler d'Arthur "Big Boy" Crudup
auquel le King empruntera en juillet 1954 "That's allright Mama"
pour l'enregistrer. Un jeune blanc qui a le son, le rythme et le
feeling Black en lui arrive sur les ondes. 4 ème morceau
et 4 ème performance du duo Michel / Bertrand. Car eux deux, tout
comme Elvis et son band de l'époque, sont blancs de peau
mais Blues et maintenant Rock'n Roll de sang. Scotty Moore
et ses plans ultra rapides sont dans les doigts de Michel et la
contrebasse déliée de Bill Black sort tout droit du clavier
de Bertrand.
Ultime morceau écouté LE Red House de Jimi Hendrix.
Nous voilà au début de années 70, au temps du Blues des Guitar Heroes
dont Jimi est très certainement le meilleur, lui l'afro cherokee
de Seattle, le Voodoo Child aux plusieurs prénoms malgré
lui : Johnny Allen Hendrix puis James Marshall Hendrix surnommé
Jimmy Hendrix avant de choisir Jimi. Pour avoir entendu et vu une
version plutôt fidèle aux années 1966-67 de Jimi hendrix par Michel
Fraisse (et son groupe Bâton Rouge) avec à la guitare et au chant
Francis
Cabrel en personne lors de l'enregistrement d'une émission
Fréquenstar sur M6 dans les murs de l'Eldorado d'Agen
(de bien belles retrouvailles de gascons jouant du Blues), celle
proposée par Michel et Bertand avec de nouveaux arrangements est
un beau clin d'oeil à l'auteur compositeur de ce titre. Donner un
air de Swing et des couleurs de Jazz à Red House, voilà comment
Michel qui se souvient de ses études à l'Institut de Jazz
des Musiciens Professionnels nous annonce mélodiquement que
Jimi en 1970 avec The Cry of Love Band cherche de
nouvelles expériences musicales et se rapproche du jazz en jouant
avec ses anciens potes Billy Cox à la basse et Buddy Miles
à la batterie.
A
partir de 1980, le Blues Texan de Stevie RAY Vaughan (qui laissera
une immense empreinte lui aussi) vient nous surprendre avec le respect
des grands comme Albert King, John Lee Hooker et BB King aujourd'hui
seul survivant de cette époque.
Pour terminer ce siècle de Blues, Miles Davis viendra apporter sa
touche de Jazz (All Blues) pendant que des Jeff Beck et autres
Eric Clapton déclineront les gammes Blues sous toutes ses formes.
Un
duo guitare-chant Fraisse et basse / orgue Hammond / batterie Cheyrou,
digne des jazz men jouant du Blues, ou l'inverse,
c'est "peut-être" cela Les Facéties du Blues...
* Michel
Fraisse : guitares (acoustique, électrique) et chant.
* Bertrand Cheyrou : claviers (synthés, orgue, piano, bass, drums)
et chant.
©
Jean Luc Marijon, D'Une
Note à l'Autre pour Manytoo Blues
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