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Cent ans dans la peau d'un esclave ou... cent ans de Blues
Michel FRAISSE et Bertrand CHEYROU : Les Facéties du Blues.
Hommage à Robert Johnson : l'Âme du Blues légendairement vendue au Diable à la croisée des chemins (Crossroad Blues)

Un double hommage de Michel Fraisse ce bluesman français au coeur saigné à blanc par une musique noire que l'on dit Blues. Le premier hommage revient à Robert Johnson le petit fils d'esclaves né le 8 mai 1911. Le second à la musique que le même Robert Johnson a honorée avec les vieux bluesmen de Robinsonville et sa première guitare alors qu'il n'avait que 16 ans. Pour commencer cette histoire du Blues, ce n'est pas sans une pensée pour le Worksong, chant de travail des esclaves noirs du Sud qui se transformera peu à peu en Gospel, que Michel reprendra les douzes mesures et les 3 accords avant d'y poser ses arrangements.
Cette expérience, Michel n'a pas la prétention de la tenter seul bien sûr et choisit pour l'accompagner sur le chemin de ce récit musical Bertrand Cheyrou et ses claviers. Michel et Bertrand sont complices depuis bien longtemps et ont un autre point commun : ils ont tous deux embrassé une carrière musicale très tôt. C'est d'ailleurs le talent de ces 2 musiciens qui leur a permis de partager la scène avec de nombreux artistes internationaux avec de se retrouver dans le groupe de Blues Bâton Rouge dont Michel est le fondateur.

Aujourd'hui si le groupe n'existe plus, Michel et Bertrand souhaitent porter cette musique le plus loin possible et vous en content l'histoire depuis les années 1900 à l'époque de Delta Blues jusqu'à nos jours sous forme d'un spectacle musical retraçant son évolution d'une décennie à l'autre. Un concept simple mais efficace. Il suffisait d'oser revisiter les oeuvres de musiciens tels que Charlie Patton, Robert Johnson, Elmore James, Muddy Waters, Willy Dixon,

Arthur Big Boy Crudup, Alexi Corner, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, Albert King, John Lee Hooker, BB King... en passant par Miles Davis jusqu'à Jeff Beck et Eric Clapton...

Une soirée musicale chargée d'émotions avec en prime une explication pour chaque époque et une présentation des interprètes de chacune d'elles. Une légende bien vivante de ces 100 ans de Blues issue de la passion pour cette Musique qui coule depuis toujours dans les veines de Michel Fraisse et Bertrand Cheyrou.
C'est ainsi que Les Faceties du Blues virent le jour en toute humilité. Quand on connait le talent de ces deux artistes, le résultat est énorme ! Un spectacle à découvrir sans plus attendre pour les amateurs de Blues mais aussi pour celles et ceux qui voudraient rencontrer l'Âme du Blues et la griffe de chacun des musiciens qui ont aimé et joué cette musique légendairement appelée musique du Diable, contrairement au Gospel que l'on n'entendait pas dans les bars ou dans les rues mais dans les églises...
Pour avoir écouter cinq des morceaux de cette épopée Blues, de Robert Johnson à Jimi Hendrix, j'ai pu apprécier la qualité des arrangements et de l'interprétation de Michel et Bertrand. Quand Michel met des intonations Black sur des paroles orginales afro américaines tout en gardant un petit accent gascon, preuve qu'il ne s'agit pas de copies mais de reprises... et que de sa guitare s'envolent des phrasés mêlant savamment la musique Blues au Jazz, Bertrand pose des lignes de basse tout en planquant des accords d'orgue jusqu'allant à en faire des chorus aux couleurs de l'époque. Tout y est sans rajout, sans oubli et avec tellement de respect dès le premier morceau et pas des moindres : Sweet Home Chicago de Robert Johnson.
Enchainant par un autre morceau du grand Mister Johnson, un incontournable comme CROSSROAD, la voix de Michel se fait plus forte pour déclarer qu'il est allé à la croisée des chemins, qu'l y est tombé à genoux pour demander au Seigneur d’avoir pitié de lui et de bien vouloir le sauver. Le martellement du piano de Bertrand pousse ce Blues jusqu'à une version presque Rock où Michel réussit avec brio à placer dans son jeu de guitare un open-tuning digne de son créateur de la main droite et un bottleneck habile de la main gauche. Le "Bob" des paroles serait-il devenu tout à coup Mich' ?
Le 3ème morceau que j'ai écouté n'est autre que Sittin' On The Doc of the Boy d'Otis Redding, son chef-d'oeuvre posthume. Impressionnant quand on sait que tout tournait autour du Blues de sa voix. Un zest de Soul dans celle de Michel, sa guitare acoustique colorée d'un son pur et clair accompagnée de quelques percussions avec en guise de final quelques riffs de kazou. La magie opère encore une fois...
Le 4ème est encore signé par un Bluesman Noir, probablement le préféré d'Elvis Presley, je veux parler d'Arthur "Big Boy" Crudup auquel le King empruntera en juillet 1954 "That's allright Mama" pour l'enregistrer. Un jeune blanc qui a le son, le rythme et le feeling Black en lui arrive sur les ondes. 4 ème morceau et 4 ème performance du duo Michel / Bertrand. Car eux deux, tout comme Elvis et son band de l'époque, sont blancs de peau mais Blues et maintenant Rock'n Roll de sang. Scotty Moore et ses plans ultra rapides sont dans les doigts de Michel et la contrebasse déliée de Bill Black sort tout droit du clavier de Bertrand.
Ultime morceau écouté LE Red House de Jimi Hendrix. Nous voilà au début de années 70, au temps du Blues des Guitar Heroes dont Jimi est très certainement le meilleur, lui l'afro cherokee de Seattle, le Voodoo Child aux plusieurs prénoms malgré lui : Johnny Allen Hendrix puis James Marshall Hendrix surnommé Jimmy Hendrix avant de choisir Jimi. Pour avoir entendu et vu une version plutôt fidèle aux années 1966-67 de Jimi hendrix par Michel Fraisse (et son groupe Bâton Rouge) avec à la guitare et au chant Francis Cabrel en personne lors de l'enregistrement d'une émission Fréquenstar sur M6 dans les murs de l'Eldorado d'Agen (de bien belles retrouvailles de gascons jouant du Blues), celle proposée par Michel et Bertand avec de nouveaux arrangements est un beau clin d'oeil à l'auteur compositeur de ce titre. Donner un air de Swing et des couleurs de Jazz à Red House, voilà comment Michel qui se souvient de ses études à l'Institut de Jazz des Musiciens Professionnels nous annonce mélodiquement que Jimi en 1970 avec The Cry of Love Band cherche de nouvelles expériences musicales et se rapproche du jazz en jouant avec ses anciens potes Billy Cox à la basse et Buddy Miles à la batterie.

A partir de 1980, le Blues Texan de Stevie RAY Vaughan (qui laissera une immense empreinte lui aussi) vient nous surprendre avec le respect des grands comme Albert King, John Lee Hooker et BB King aujourd'hui seul survivant de cette époque.
Pour terminer ce siècle de Blues, Miles Davis viendra apporter sa touche de Jazz (All Blues) pendant que des Jeff Beck et autres Eric Clapton déclineront les gammes Blues sous toutes ses formes.

Un duo guitare-chant Fraisse et basse / orgue Hammond / batterie Cheyrou,
digne des jazz men jouant du Blues, ou l'inverse,
c'est "peut-être" cela Les Facéties du Blues...

* Michel Fraisse : guitares (acoustique, électrique) et chant.
* Bertrand Cheyrou : claviers (synthés, orgue, piano, bass, drums) et chant.

© Jean Luc Marijon, D'Une Note à l'Autre pour Manytoo Blues

Organisateurs de spectacles et concerts, vous pouvez contacter le duo Les Facéties du Blues
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ou Bertrand Cheyrou au 05 63 20 72 57
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